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Enseignement traditionnel et Enseignement en général

"Al Alam" 27 novembre 1988

Parmi les objectifs sociaux auxquels le journal "Almaghrib" portait un intérêt particulier, le problème de l'enseignement a occupé une place privilégiée en tant que principe de base de l'élévation du niveau de la nation pendant la période du Protectorat. Les premiers réformateurs du Mouvement National s'étaient engagés, bien qu'ils aient été en pleine confrontation avec le colonialisme et ses acolytes, à créer un sursaut de conscience au sein des couches populaires aussi bien sur le plan politique qu'économique et social. C'était l'époque où les projets de création d'institutions islamiques libres commençaient à se réaliser dans les grandes villes du pays afin de barrer la route au courant de la francisation et de l'occidentalisation que l'Administration du Protectorat cherchait à accélérer en le dotant de tous les moyens susceptibles de lui assurer le succès sur lequel elle tablait.

L'enseignement traditionnel était dispensé à l'Université de la Karaouiyine à Fès et à l'université Al Yousoufiya à Marrakech, mais les programmes des études y étaient surannés et les méthodes de l'enseignement archaïques, si bien que la rentabilité de ces deux universités laissait beaucoup à désirer et était loin de celle obtenue gràce aux méthodes évoluées de l'enseignement moderne. Ceci a rendu indispensable la campagne de réformes dictée par le souci de sauvegarder les symbôles de la nation - Islam, Arabisme - Marocanité - . Les plumes des réformateurs se sont mobilisées tantôt pour dénoncer avec force l'état rétrograde de l'enseignement traditionnel, tantôt pour présenter des solutions permettant d'assurer une plus grande adaptation aux méthodes de l'enseignement moderne. L'Université de la Karaouiyine étant considerée comme le berceau de la science et le lieu de formation des hommes de science, ainsi que le garant de la langue arabe et le bouclier de défense de l'Islam, il était dès lors indispensable de redoubler d'effort pour la replacer au niveau de la responsabilité dont elle était investie depuis sa création au début du 3ème siècle de l'hégire.

Partant de cette réflexion, le journal "Almaghrib" a publié une série d'articles dont le souci majeur était la réforme de la Karaouiyine.

Dans un article du jurisconsulte Abou Bakr Zniber paru dans les numéros 100 et 101 sous le titre "La Karaouiyine est une université marocaine, et pas seulement fassie", il a abordé la question de l'évolution des méthodes de l'enseignement et de leur adaptation à l'air du temps, critiquant l'insignifiante production des savants de cette université ainsi que leur recours stérile aux méthodes archaïques de transmission des connaissances; il s'est posé la question de savoir si le corps des savants de la Karaouiyine allait se réveiller de sa profonde léthargie et s'engager vers la voie du progrès à l'instar du corps de leurs confrères au Caire, à Damas et à Baghdad ou, plus près de nous, du corps des enseignants de l'Université tunisienne Al Zaytouna.

L'auteur précité a également fait publier dans le numéro 114 du 8 mars 1939 un article intitulé "La Karaouiyine est une université marocaine - Qui est responsable de son renouveau?" Il a abordé dans cet article les difficultés de toutes sortes auxquelles se heurtait cette université, reprenant les mêmes thèmes dans les numéros suivants et insistant sur son souci d'améliorer les méthodes de l'enseignement traditionnel afin de lui permettre de refléter plus fidèlement le degré de culture et de civilisation du Maroc.

Lorsque Sa Majesté Mohammed V - que Dieu l'ait en sa miséricorde - a procédé à la réforme du Conseil des Ulémas, de la Justice et de la Magistrature, le même auteur a écrit dans le numéro 346 un article dans lequel il a exprimé son optimisme quant aux répercussions de ce train de mesures sur l'avenir de cette citadelle du savoir.

Toujours sur le même sujet, le journal a publié une autre série d'articles de son directeur Saïd Hajji qui, outre la fibre patriotique qui l'animait, se caractérisait par un esprit rationnel et une haute maturité dans le domaine du savoir. Dans son éditorial du numéro 112 du 3 mars 1939, il a incité les étudiants de la Karaouiyine à étudier les langues étrangères, seules à même de leur ouvrir de larges horizons que ne permet guère l'étude de la seule langue arabe, citant en exemple les grands auteurs d'Egypte et des autres pays du Moyen-Orient tels que Taha Husseïn, Al Akkad, Hassan Al Ziyat, Khalil Mardam et Al Jabri, qui ont enrichi leur profonde connaissance de l'arabe par l'adjonction d'une langue étrangère, et concluant en ces termes:

"Nous est-il possible d'espérer trouver un jour dans l'enceinte de la Karaouiyine des étudiants qui s'engagent dans cette voie et ajoutent aux connaissances acquises dans l'enseignement de la langue arabe et des sciences islamiques, les instruments d'une culture moderne? Ce faisant, ils poseraient ainsi la seconde pierre dans la formation d'une nouvelle génération d'étudiants qui allieraient la culture héritée de leur prestigieux passé aux perspectives d'un avenir radieux de la vie culturelle du Maroc".

Dans l'éditorial du numéro 102, Saïd Hajji a abordé le système des examens en vigueur à la Karaouiyine, mettant l'accent sur trois points:

  1. Les interrogations saisonnières ne sauraient permettre le passage d'une classe à l'autre; l'élève doit se préparer sérieusement aux examens de fin d'année qui seuls décident du succès ou de l'échec.

  2. Le système des examens à la Karaouiyine se limite à une seule session, ce qui, en cas d'échec, fait perdre toute une année au candidat à qui il n'a pas été donné de tenter de nouveau sa chance à l'occasion d'une seconde session.

  3. Les examens ne sont pas programmés à une date fixe. Les dates ne sont annoncées que quelques jours seulement avant le déroulement des examens, et sont même quelquefois reportées sine die sans motif valable justifiant ce report. L'on pourrait en dire autant de la fixation des dates pour l'annonce des résultats.

Ces observations prouvent à quel point Saïd Hajji était au fait des systèmes éducatifs modernes qui estiment que les examens ne constituent pas un étalon de mesure unique pour vérifier le niveau des connaissances acquises par les candidats. Nous en concluons à notre niveau que notre système des examens continue de se caractériser avec ses erreurs et ses bassesses, sans que nous essayions de tirer profit des expériences de ceux qui nous ont depassés dans ce domaine et qui ont réussi à découvrir les aptitudes des élèves et à les orienter dans des directions susceptibles de leur ouvrir la voie du succès. Ceci m'amène à me demander jusqu'à quand nous allons continuer dans la voie de l'erreur, alors que nous avons pris en mains les rênes de notre destinée depuis 1956, date à laquelle nous avons reconquis notre indépendance.

La décade des années quarante a connu un profond mouvement de réformes des méthodes de l'enseignement, ainsi que de l'organisation et du fonctionnement de l'administration de la Karaouiyine, et ce sur les ordres et sous les auspices de Sa Majesté Mohammed V. Les changements intervenus au sein de cette université pourtant fortement conservatrice sont ainsi à mettre à l'actif des activités réformatrices initiées par le Roi parallèlement au combat politique et social qu'il menait pour sortir le Maroc de la condition de dépendance et de soumission au régime de l'administration directe qui venait d'être instauré au Maroc par les Autorités du Protectorat.

Lors de sa visite de Fès en 1940, Sa Majesté le Roi a reçu les ulémas et leur a declaré:

"La Karaouiyine est libre dans le domaine de la science, mais le système de l'enseignement doit être revu. Pour notre part, nous prenons en considération le devenir de la science plus que celui des hommes; nous sommes ouverts à toute réforme, et nous devons éviter l'amalgame en assurant une séparation nette entre les personnes et les affaires de l'université dont nous nous sommes efforcés d'améliorer les conditions d'organisation et de fonctionnement dans le but de lui permettre de faire encore plus de progrès qu'à l'heure actuelle".

Le journal "Almaghrib" a aussitôt commencé à chanter les louanges du train de réformes et à critiquer ceux parmi ses détracteurs qui ne l'admettaient ni sur le plan du principe ni sur celui de sa mise en oeuvre. Il a fait paraître dans le numéro 410 du 15 mai 1940 un commentaire de son directeur sur l'exécution du programme de réformes à la Karaouiyine, appuyant l'adoption des nouvelles mesures qui allaient mettre un terme aux errements du passé. Le même numéro comporte des extraits d'une conférence sur l'université de la Karaouiyine sous le règne de Mohammed V d'un interprète de "la Direction des Affaires Indigènes" diffusée sur les antennes de la radiodiffusion marocaine.

Le même numéro a fait état de la pose de la première pierre de la bibliothèque de la Karaouiyine, tandis que le numéro 710 a couvert la visite de Mohammed V à cette université et s'est fait l'écho du discours prononcé à cette occasion par Son Altesse Royale le Prince Héritier devant les étudiants de l'enseignement coranique. Toujours dans ce même numéro, un article intitulé: "Journée mémorable dans l'histoire des réformes au Maroc" fait état de l'audience accordée à la Haute Cour (Palais Royal) par Mohammed V aux ulémas de la Karaouiyine, tous niveaux confondus, et de l'ordre qu'il leur a donné de revoir de fond en comble le système de l'enseignement actuel au niveau des programmes et des méthodes utilisées dans la dispense des cours en procédant à cette révision clause par clause, et en permettant à chacun des participants d'exprimer son opinion en toute liberté et de ne garder en fin de parcours que les propositions jugées conformes à l'esprit des réformes souhaitées.

Le numéro 715 a publié le texte de la première partie d'une note portée par les étudiants de la Karaouiyine à la haute connaissance royale au sujet des conditions d'application des réformes ordonnées par le Souverain. Cette note, dont la seconde partie a été publiée dans le numéro 716, comporte une critique détaillée de nombreux aspects négatifs mis en lumière par l'application des réformes sur le plan pratique, notamment en ce qui concerne certains enseignants auxquels manquait la compétence nécessaire dans les matières qu'ils étaient chargés d'enseigner. La note a proposé d'inclure certaines matières scientifiques indispensables dans le programme de l'enseignement, de changer quelques livres inscrits au programme et d'en rajouter d'autres, tout comme elle a insisté sur la nécessité de confier l'enseignement de chaque discipline à qui présente les compétences requises pour remplir la mission qui lui est assignée.

"Al Alam" 4 decembre 1988 - Suite de l'article précédent

Les étudiants de la Karaouiyine étaient associés au processus de réformes touchant leur université, et étaient appelés à veiller à leur application. Certaines de leurs positions ont même été en désaccord avec les décisions prises dans le domaine de l'enseignement. Il en est ainsi de la protestation qu'ils ont diffusée à la suite de l'annonce de la décision prise par le Conseil Supérieur de l'Enseignement d'ouvrir aux diplômés des écoles franco-musulmanes l'accès aux classes supérieures de la Karaouiyine, dont le journal "Almaghrib" s'était fait l'écho dans son numéro 110 du 27 février 1939. Toutefois, il n'est pas concevable qu'une telle initiative puisse exprimer une volonté commune; elle n'a peut-être pas été soumise au vote de l'ensemble des étudiants, tant il est vrai qu'une partie des critiques touchant le niveau des étudiants eux-mêmes et de quelques membres du corps enseignant ne saurait refléter l'état de maturité de la classe estudiantine dont les positions collectives sont généralement prises par consensus.

Le journal a, par ailleurs, publié dans son numéro 118 un article d'un de ses lecteurs dans lequel il a attaqué les étudiants de la Karaouiyine en ces termes:

"Dieu que c'est étonnant que les fils de la Karaouiyine n'ont aucune notion de l'imaginaire de la poésie arabe et ne comprennent même pas ce que cette poésie recèle de puissance créatrice dans ses admirables descriptions, ses inimitables comparaisons et ses personnifications qui atteignent l'apogée de la précision. Un tel discours leur est totalement étranger, car ils ne sont pas de ce monde et ne connaissent même pas le sens de leur existence ici-bas".

Le même correspondant a fait publier dans le numéro 120 un article satirique intitulé:

"Du ridicule à la Karaouiyine"

dans lequel il a écrit notamment:

"Il existe au sein de la Karaouiyine des choses bizarres et ridicules qui amuseraient certes les enfants, mais qui révoltent les adultes sains d'esprit".

Il entend par là qu'après les innovations qui viennent d'être introduites et l'engagement d'un certain nombre d'enseignants à salaire fixe, le Conseil Scientifique a constaté l'incompétence de certains de ces enseignants et les a doublés de remplaçants rémunérés par prélèvement sur les salaires versés aux enseignants initiaux. A bien réfléchir sur ce genre de critiques - quand bien même la bonne foi de leur auteur n'est pas mise en cause - on ne peut s'empêcher d'en relever l'exagération, sachant la lutte menée par l'université de la Karaouiyine contre le colonialisme et le fait que la plupart des dirigeants nationalistes étaient recrutés dans ses rangs et étaient le produit de la culture dispensée par ses enseignants.

Revenons au deuxième volet de l'enseignement, à savoir l'enseignement public ou l'enseignement de l'administration. Nous constatons là-aussi que le journal "Almaghrib" soumet ce type de l'enseignement à la même analyse que celle qu'il avait adoptée au sujet de l'enseignement traditionnel et ce, conformément à la voie réformatrice qu'il prônait dans ses colonnes. Ainsi, dans son éditorial du numéro 119 daté du 20 mars 1939 et intitulé:

"Pouvons-nous nous passer de faire appel à l'enseignant arabe du Moyen-Orient;? Saïd Hajji a soulevé la problématique des méthodes utilisées par les enseignants marocains dans la dispense de leurs cours, et a ensuite precisé que:

"l'enseignement de l'arabe au Maroc n'est pas un problème de connaissances, mais une affaire de style et de méthode qui sont, de nos jours, le résultat de théories scientifiques et de principes de base concernant la brièveté, le choix des exemples d'application, le recours à des méthodes d'approche permettant de capter l'attention afin d'obtenir une participation optimale des élèves pendant la dispense des cours. L'enseignant se trouve ainsi devant une science nouvelle posant des questions d'ordre méthodologique en même temps qu'un certain nombre de problèmes à caractère psychologique. L'intellectuel marocain ne saurait se prévaloir des innovations de l'enseignement moderne que s'il étudie le style et les méthodes de cette nouvelle science, faute de quoi il est de notre devoir, en attendant des jours meilleurs, de nous résigner à faire appel aux enseignants des pays arabes".

Des initiatives dans ce sens ont été prises par les dirigeants nationalistes de la Zône Nord du Maroc placée sous protectorat espagnol. Elles se sont concrétisées par l'envoi de missions estudiantines au Moyen-Orient et l'appel fait aux enseignants d'Egypte et des autres pays arabes de venir enseigner chez eux dans le cycle secondaire. Le résultat de cette coopération a été des plus probants puisque la langue arabe a préservé sa vivacité et que de nombreux ouvrages ont été publiés en arabe, dans l'esprit des orientations de l'enseignement moderne, si bien que la Zône Nord du Maroc a été une véritable citadelle de protection de la langue arabe contre la pénétration de l'instrument linguistique du pays colonisateur, ce qui a préservé les habitants de cettre région de la fusion de leur personnalité arabo-marocaine dans celle du pays conquérant, comme celà a été le cas dans la Zône placée sous protectorat français où le phénomène de fusion s'est largement répandu suite au siège qui avait encerclé la langue du pays et ses adeptes.

Quant à l'enseignant marocain, il était considéré comme un être incapable et démuni de toute personnalité . L'enseignement supérieur était réservé aux étrangers, le Marocain ne devant pas dépasser la limite qui lui était tracée, sauf cas exceptionnel et relevant du miracle. Même le diplôme sanctionnant la fin des études secondaires qui était délivré aux nationaux ne donnait pas accès à l'université. Et c'est ce que Saïd Hajji a exposé dans son éditorial du numéro 125 sous le titre:

"Nécessité de créer un baccalauréat marocain"

à l'occasion de la tenue de l'assemblée des enseignants français qui s'était réunie au siège du Club Scolaire à Rabat pour étudier les problèmes de l'enseignement et de l'éducation, après avoir évoqué les "études et recherches" réalisées par de grands professeurs dans les domaines de l'éducation et de l'enseignement, l'éditorial a poursuivi son analyse comme suit:

C'est un fait établi que depuis l'introduction de l'enseignement moderne au Maroc, le candidat marocain qui terminait ses études secondaires recevait une attestation appelée "diplôme", mais il est vite apparu qu'un tel document n'était pas pris en considération par les universités françaises qui ne lui reconnaissaient pas l'équivalence à une véritable attestation de fin d'études secondaires. Pire encore, l'administration qui l'a instauré au Maroc se gardait elle-même de lui reconnaître cette valeur. Certes, les Marocains avaient revendiqué l'application du régime du baccalauréat français, et il avait été donné suite à leur revendication, mais l'appellation différente donnée à l'attestation remise au candidat marocain ayant obtenu le "diplôme" de fin d'études secondaires lui fermait toutes les portes en l'empêchant de poursuivre des études supérieures qui lui auraient ouvert toute grande la voie des professions libérales auxquelles il aspirait.

Saïd Hajji a poursuivi son analyse dans le numéro 126 en précisant que:

"l'objectif de la création d'un baccalauréat marocain est d'obtenir une égalité de traitement entre l'arabe et le français dans la répartition des séances de cours, ainsi que dans l'importance accordée aux interrogations saisonnières et aux examens de fin d'année, sans oublier le souci de procéder à un choix minutieux du corps enseignant".

L'administration s'est contentée de créer en 1912 une "Ecole Supérieure de la Langue et des Lettres Arabes ainsi que des Dialectes Berbères". Cette école a changé de nom en 1921 pour devenir un "Institut des Hautes Etudes" avec siège à Rabat. De larges développements ont été consacrés à cette institution dans le numéro spécial 313 où il a été question des objectifs liés à sa création, ainsi que des débouchés qu'il ouvrait devant les détenteurs de l'attestation de fin d'études délivrée par cette nouvelle institution.

Nous avons dejà fait état des pressions exercées par la censure sur la presse nationale et signalé que le journal "Almaghrib" montrait une volonté de dialogue avec l'Administration du Protectorat en couvrant ses activités dans différents domaines, y compris celui des activités de la "Direction de l'Enseignement et de la Culture", mais la pratique d'un journalisme intelligent permettait de détruire toutes les prétendues réalisations rapportées comme faisant partie de l'actif de l'Administration par le journal. Ainsi, le numéro spécial 393 a publié une statistique faisant ressortir que le nombre des élèves marocains inscrits au cycle secondaire des écoles publiques se montait à 313 garçons et 30 filles sur un total de 5111 élèves, filles et garçons confondus, inscrits dans les écoles secondaires. Et de conclure que ce qui a été publié sur les réalisations de la puissance coloniale dans le domaine de l'enseignement au Maroc était un leurre et de la pure mégalomanie.

De ce qui précède, nous tirons la conclusion que le journal "Almaghrib" était constamment à l'affût de tout ce qui touchait de près ou de loin le domaine de l'enseignement, commentant et critiquant tantôt avec force tantôt plus calmement, selon les circonstances, et conformément aux principes de son Directeur qui ne discourait jamais dans le vide et dont les sentiments personnels ne l'emportaient jamais sur la voix de la raison.


Raouf Hajji.